La mission des Sociétés d’Aménagement
Foncier et d’Etablissement Rural (SAFER) est d’améliorer les structures
foncières par l’installation ou le maintien d’exploitants agricoles ou
forestiers, par l’accroissement de la superficie de certaines exploitations,
par la mise en valeur des sols et, éventuellement, par l’aménagement et le
remaniement parcellaires. Elles peuvent concourir à la diversité des paysages,
à la protection des ressources naturelles et au maintien de la biodiversité
biologique. Elles assurent la transparence du marché foncier rural. Pour se
faire, les pouvoirs publics ont accordé aux SAFER la possibilité d’acquérir
en priorité, dans certaines conditions, les propriétés agricoles mises en
vente. La préemption s’exerce dans un cadre légal, avec une motivation
précise, et requiert l’accord des commissaires du Gouvernement qui siègent
au sein du Conseil d’Administration de toute SAFER.
Principe
Chaque fois qu’un
propriétaire, personne physique ou morale, se propose de transférer son bien
à titre onéreux au profit d’un tiers acquéreur, ou chaque fois que ce bien
est vendu aux enchères, la SAFER est en droit de revendiquer à son profit le
transfert de propriété en se substituant aux acquéreurs potentiels.
La loi du 5 janvier 2006 a
conforté le rôle des SAFER en leur donnant mission d’informer
systématiquement les maires de toutes les Déclarations d’Intention d’Aliéner
(DIA) portant sur des biens situés sur leur commune et en leur permettant de
préempter conjointement des terres agricoles et les DPU y afférents en vue d’une
rétrocession conjointe.
Biens susceptibles de
préemption
Le Code Rural prévoit que sont
soumis à préemption les ventes de fonds agricoles ou de terrains à vocation
agricole quelles que soient leurs dimensions ; ainsi que, les bâtiments d’habitation
faisant partie d’une exploitation agricole ou les bâtiments d’exploitation
ayant conservé leur vocation agricole. Lorsqu’un agriculteur a fait la
déclaration de constitution d’un fonds agricole, s’il vient à le céder
comme il en a le droit, c’est tout le fonds qui peut être préempté y
compris les droits de produire, les droits incorporels et les DPU.
Par ailleurs, la SAFER est
désormais autorisée à préempter de façon globale des terrains agricoles et
des DPU à condition qu’elle rétrocède ensuite l’ensemble (terres + DPU).
Limites au droit de
préemption
La SAFER ne peut pas exercer son
droit de préemption dans tous les cas. Ainsi, la SAFER ne peut pas préempter
sur des biens d’une superficie inférieure à 2 500 m² dans le cas des
polycultures-élevage et de 1 000 m² dans le cas des cultures maraîchères et
fruitières et des zones viticoles. Mais la SAFER peut préempter, quelque soit
la superficie, dans les zones agricoles ou les zones naturelles des POS ou PLU,
dans les périmètres de protection et de mise en valeur des espaces agricoles
et naturels péri-urbains ou les périmètres d’aménagement foncier rural.
Elle ne le pourra pas non plus si l’acquéreur est le preneur en place depuis
au moins 3 ans. Il en est de même si l’acquéreur est un proche parent ou un
des indivisaires suite au partage. La SAFER ne pourra pas préempter s’il s’agit
d’un salarié d’exploitation agricole, un aide familial ou un associé d’exploitation
si la surface ne dépasse pas les seuils de contrôle des structures.
Le droit de préemption ne pourra
pas être exercé contre les fermiers évincés ni contre les agriculteurs
expropriés, ni même sur des biens compris dans un plan de cession d’une
entreprise en redressement ou liquidation judiciaire, ou encore sur des biens
destinés à la construction ou à l’aménagement industriel ou à des
carrières. Enfin, échappent au droit de préemption les jardins familiaux
inférieurs à 1 500 m² et certaines surfaces boisées (Article L. 143-4 du
Code Rural).
Modalités d’exercice
Pour chaque transaction portant
sur des biens agricoles, le notaire transmet à la SAFER une notification sur
les conditions de la vente projetée spécifiant la nature et la localisation du
bien, les noms et qualités de l’acquéreur et du vendeur ainsi que le prix de
vente. La SAFER dispose alors d’un délai de réponse de deux mois. Au-delà
de ce délai, le silence de la SAFER équivaut à un refus de préempter. La
SAFER pourra également exercer son droit de préemption à un prix qu’elle
fixera elle-même en respectant une certaine procédure permettant au vendeur de
retirer son offre ou de saisir le Tribunal de Grande Instance.
Elle décidera ensuite la
rétrocession des biens à un des candidats de l’offre. Les candidats non
retenus, et l’acquéreur initial seront informés par écrit de la motivation
du choix de la SAFER et de la destination du bien.