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Faut-il accepter une succession? 

 

Vous venez d’apprendre que vous êtes l’unique héritier d’un oncle parti depuis longtemps à l’autre bout de la France et dont vous étiez sans nouvelle depuis des années, hormis une carte postale de temps en temps avec des paysages ensoleillés. Vous avez entendu dire qu’il menait grand train, mais vous n’avez jamais trop compris quel métier il exerçait : il était dans le " commerce ", soi-disant, mais vous n’avez pas plus de détail. Ce dont vous êtes certain, en revanche, c’est qu’il passait des nuits entières à jouer au poker. Sur le moment, cette perspective d’héritage vous réjouit : vous rêvez déjà d’une nouvelle voiture et de l’agrandissement de votre exploitation agricole.

 

Si cet héritage inattendu peut vous donner un sérieux coup de pouce, n’oubliez pas qu’accepter une succession n’est pas sans risque. C’est pourquoi la loi du 1er janvier 2007, venue réformer les successions, vous permet de vous prémunir contre les mauvaises surprises éventuelles.

 

Par conséquent, inutile de vous précipiter : vous avez 4 mois pour accepter ou refuser la succession, ce qui peut vous permettre d’en savoir plus sur son contenu en demandant au notaire de vous fournir un état de la situation du patrimoine de votre oncle au jour du décès. Pendant ce délai de 4 mois, vous êtes autorisé à accomplir certains actes de " conservation ou d’administration provisoire " de la succession (payer les loyers, les frais funéraires…) sans l’accepter pour autant.

 

A l’issue de ce délai, plusieurs options s’offrent à vous :

  • Accepter purement et simplement la succession : dans ce cas, vous êtes tenu de régler l’intégralité des dettes du défunt, et si le passif successoral est supérieur à l’actif, vous perdrez donc de l’argent en acceptant cet héritage. Néanmoins, vous avez la possibilité de demander en justice à être déchargé de certaines dettes que vous pouviez légitimement ignorer et dont le paiement aurait pour effet de porter gravement atteinte à votre patrimoine personnel.
  • Refuser la succession : si vous constatez que le passif successoral est plus important que son actif ou si votre oncle avait consenti un cautionnement, vous pouvez refuser la succession par une déclaration au greffe du Tribunal de Grande Instance. Vous serez tenu de uniquement payer les frais funéraires.
  • Accepter la succession " à concurrence de l’actif net " : cette procédure est venue simplifier l’ancien système de l’acceptation sous bénéfice d’inventaire. En cas de doute sur la valeur précise du passif successoral, vous pouvez accepter la succession à concurrence de son actif net ce qui revient à dire que vous vous servirez de l’actif de la succession pour combler son passif : vous ne serez donc tenu au paiement des dettes de la succession que jusqu’à concurrence de la valeur des biens recueillis.

Dans la cadre de la succession de votre oncle, mieux vaut s’armer de prudence et ne l’accepter qu’à concurrence de l’actif net.

nathalie.michel@vienne.chambagri.fr


 

Dernière mise à jour : 09 déc. 2008

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