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Indivision : les nouvelles règles de la gestion au partage

 

Ce qui change :

La loi du 23 juin 2006 portant sur la réforme du droit des successions et des libéralités a assouplit, dès janvier 2007, les règles de gestion du régime de l’indivision.

Attention, l’indivision reste un régime qui nécessite une bonne entente entre les propriétaires indivis et qui ne permet pas de prévoir l’avenir (décès, séparation..).

De ce fait, les nouvelles dispositions ne doivent pas priver les candidats à l’acquisition en indivision d’une réflexion préalable et les propriétaires qui se trouvent déjà en indivision de prévoir une convention pour l’organiser s’ils souhaitent s’y maintenir ou d’y mettre fin, nul ne pouvant être contraint à demeurer dans l’indivision.

 

Qu’est-ce que l’indivision :

Etre en indivision, c’est être propriétaire collectivement d’un bien ou de plusieurs biens. Après un décès, les héritiers deviennent automatiquement " co-indivisaires " de ces biens, et acquièrent tous les mêmes droits et les mêmes obligations sur ce patrimoine jusqu’au partage.

 

Les droits des héritiers indivisaires :

Le principe de base de l’indivision est que tous les indivisaires ont les mêmes droits sur les biens indivis.

Chacun peut donc utiliser librement les biens dépendant de la succession à condition de respecter les droits des autres indivisaires.

A défaut d’accord sur les modalités d’utilisation d’un bien, l’un ou plusieurs des indivisaires peuvent demander au Président du Tribunal de Grande Instance d’en décider en attendant le partage.

En tous les cas, l’indivisaire qui utilise un bien doit respecter sa " destination " c'est-à-dire le fait que le bien soit affecté à un usage précis. Un indivisaire ne peut ainsi pas transformer un immeuble d’habitation en immeuble agricole ou inversement sans l’accord des autres.

Par ailleurs, quand un indivisaire utilise, seul un bien indivis productif de revenus (par exemple, un immeuble d’habitation), il doit verser une indemnité aux autres héritiers afin de compenser la perte de revenus qu’ils subissent. Son montant est fixé d’un commun accord entre indivisaires ou à défaut, par le juge.

Chaque indivisaire peut disposer librement de ses droits dans l’indivision en les vendant ou les donnant. Il peut par exemple céder toute sa quote part dans l’indivision ou une partie seulement, ou encore sa quote part dans un bien déterminé de l’indivision.

Il est à noter que dans ce cas, les autres héritiers bénéficient d’un droit de préemption. Cela signifie qu’ils peuvent acquérir en priorité la part cédée par l’indivisaire.

 

Le fonctionnement de l’indivision :

Depuis le 1er janvier 2007 la règle de l’unanimité n’est plus exigée en matière de gestion de l’indivision.

Les indivisaires pourront prendre toutes les décisions relatives aux actes d’administration de l’indivision : la réalisation de travaux d’entretien d’un bien immobilier, l’engagement d’une action en justice, pour conclure ou renouveler des baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole. En effet, dans ce dernier cas, l’unanimité des indivisaires est exigée en raison des prérogatives importantes qu’il accorde au preneur.

Les héritiers qui n’auront pas participé à la décision devront impérativement être informés des résolutions prises par les autres. A défaut, la décision prise par les autres leur sera inopposable c'est-à-dire dépourvue d’effet à leur égard.

Ils pourront en outre se prononcer sur des actes de disposition (telle la vente d’un meuble) nécessaires au paiement des dettes et charges de l’indivision.

L’unanimité pour les actes importants

L’unanimité est toujours requise pour les actes importants concernant les biens indivis c’est-à-dire les actes de disposition.

Lorsqu’un héritier s’oppose systématiquement à une décision, il peut être demandé au Tribunal de trancher afin d’éviter le blocage de l’indivision.

Les actes conservatoires pour tous

La loi autorise un indivisaire à prendre seul les décisions nécessaires à la conservation des biens indivis sans compromettre les droits des indivisaires. Il faut entendre par là les mesures destinées à éviter un dommage matériel ou financier sans qu’un cas d’urgence le nécessite.

Pour accomplir ces actes de conservation, un héritier peut utiliser les fonds de l’indivis, s’il en dispose. Dans le cas contraire, il peut exiger des autres indivisaires qu’ils participent à ces dépenses.

 

Aménagement de l’indivision :

La période d’indivision pouvant être très longue, la loi organise la gestion possible des biens du défunt afin de permettre de gérer l’indivision au mieux des intérêts de chacun et de prendre en compte des particularités de la succession tenant à la qualité des héritiers (mineurs..) ou à la nature des biens (portefeuille de valeur mobilières..).

  • Ainsi, toute personne pourra rédiger de son vivant un mandat qui prendra effet après son décès préparant la gestion de sa succession future en confiant à une personne désignée d’avance le soin d’administrer toute ou partie de ses biens pour le compte dans l’intérêt d’un héritier déterminé.

Cette désignation devra toutefois être justifiée par un " intérêt sérieux et légitime " (patrimoine composé d’immeubles, de valeurs mobilières importantes..) et être acceptée par le mandat (la personne désignée comme mandataire).

De plus, ce mandat posthume doit être rédigé par un notaire et ne pourra durer plus de 2 ans.

 

  • Il est aussi possible de nommer un exécuteur testamentaire, qui aura pour mission de veiller à l’exécution des dernières volontés du défunt ou de procéder à leur exécution.

Cette solution peut être envisagée pour toute personne qui estime que sa succession sera difficile en raison des désaccords existants entre les héritiers.

L’exécuteur testamentaire peut être choisi librement (un ami ou un professionnel). Il pourra alors accepter ou refuser sa mission. S’il l’accepte, il veillera au respect des dernières volontés et pourra prendre toutes les mesures conservatoires nécessaires visant à éviter la dilapidation ou le détournement des biens du défunt. Il pourra également disposer de pouvoirs plus importants si le défunt les lui a accordés.

Sa mission est en principe gratuite et limitée à 2 ans après l’ouverture du testament.

  • Si, les héritiers s’entendent bien, ils peuvent désigner un tiers ou l’un d’entre eux pour gérer les biens du défunt. Celui-ci sera nommé à l’unanimité dans un contrat soumis aux règles générales applicables en matière de mandat et dont les pouvoirs seront plus ou moins importants en fonction de la décision prise par l’unanimité des héritiers.
  • Les héritiers peuvent décider de rester en indivision. Ils peuvent alors conclure une convention d’indivision pour régir leur relation pendant une durée déterminée préalablement. Cette convention devra être rédigée et pourra concerner un ou plusieurs biens.
  • Enfin, si au cours d’une succession les indivisaires ne s’entendent pas, tout héritier ou créancier de la succession, peut demander au juge la nomination d’une personne physique ou morale.

La fin de l’indivision :

C’est le partage qui attribue à chacun un droit individualisé. Partager les biens d’une succession n’est jamais obligatoire : les héritiers peuvent préférer rester en indivision. Le partage n’est même pas obligatoire s’ils souhaitent vendre un bien indivis : il leur suffit de se mettre en accord et de se répartir le prix de vente.

Mais tout héritier ou légataire, quelque soit sa part dans la succession peut à tout moment demander à en sortir.

Un créancier d’un indivisaire peut aussi l’exiger.

Depuis le 1er janvier 2007, le partage amiable est privilégié passant outre l’inertie d’un héritier. Désormais si un héritier refuse de participer au partage, les autres pourront le mettre en demeure par acte d’huissier, de se faire représenter au partage amiable.

L’héritier récalcitrant aura alors 3 mois pour désigner son représentant. A défaut tout autre héritier pourra demander au Président du Tribunal de Grande Instance de nommer le représentant de l’héritier défaillant.

De même en présence de mineur, un partage sera toujours possible.

Le partage judiciaire est décidé quant à lui par le Tribunal de Grande Instance. Le notaire à un rôle prépondérant dans l’organisation du partage.


Rédacteur : Nolwenn ERAUD - Chambre d’Agriculture - Tél. 05 49 44 74 74

Permanence téléphonique : lundi - mardi -  vendredi de 9 H 00 à 12 H 00
Mél : laetitia.calvo@vienne.chambagri.fr


 

Dernière mise à jour : 12 nov. 2007

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