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 Droits de la famille

La donation partage

 

La donation-partage est une des formes de donation possibles de son vivant. La donation, en général, consiste à ce qu’une personne appelée " le donateur " donne la propriété d’un bien à une autre personne, appelée " le donataire ".

La donation-partage va permettre aux parties de régler la transmission de leur vivant et répartir ainsi tout ou partie de leur patrimoine selon plusieurs solutions.

 

LES REGLES :

Depuis la loi du 23 juillet 2006 portant sur la réforme des donations et successions applicable depuis le 1er janvier 2007, la donation-partage est un mode de donation désormais ouvert aux personnes qui souhaitent donner leurs biens à leurs enfants (au moins deux), à leurs petits-enfants, et autres membres de la famille.

Ainsi la donation-partage est aujourd’hui possible au sein d’une famille recomposée au profit d’enfants issus du mariage des époux mais aussi d’enfants non communs de chacun des époux. Il est enfin possible de prévoir une donation-partage transgérationnelle au profit des enfants de l’enfant unique avec son accord.

La donation-partage permet de partager toute sorte de biens entre les enfants, que ce soit des biens meubles ou immeubles ou du numéraire. Il est par ailleurs possible au donateur de ne donner que la nu-propriété et de se garder l’usufruit, ce qui lui permet d’avoir la jouissance d’un bien (utilisation directe du bien ou la perception des revenus).

Il faut cependant veiller à respecter la " réserve héréditaire " qui est la part dont les héritiers descendants et ascendants ne pourront être déshérités. On ne peut disposer librement que d’une partie de son patrimoine que l’on appelle " la quotité disponible ". Cette quotité disponible va dépendre de la présence ou non d’héritiers et de leur nombre. Par exemple, en présence de descendants (enfants), la quotité disponible sera de la 1/2 de la succession avec 1 enfant, 1/3 de la succession avec 2 enfants et 1/4 de la succession avec 3 enfants et plus.

Il est à noter qu’un enfant peut refuser de signer la donation-partage. Il faut alors veiller à respecter sa réserve pour qu’il ne remette pas en cause la donation-partage au décès de ses parents.

 

TYPES DE DONATION-PARTAGE :

 

Il est possible de prévoir soit une donation-partage simple par un des parents à ses enfants, soit une " donation-partage conjonctive " qui permet aux deux parents de faire ensemble leur donation-partage sur l’ensemble de leurs biens (propres et communs) à condition qu’ils soient mariés lors de la donation et qu’ils aient au moins 2 enfants en commun.

Il existe enfin une " donation-partage cumulative " possible dans le cas où un des parents est décédé, les biens du conjoint survivant et les biens de la succession du conjoint décédé vont faire l’objet de la donation-partage.

 

AVANTAGES DES DONATIONS-PARTAGES :

 

Tout d’abord, les donations-partages présentent l’avantage d’éviter la réévaluation des biens objets de la donation-partage au moment du décès puisqu’ils ne sont pas rapportables. Dans le cadre d’une donation simple, on rapporte les biens donnés lors du décès et les héritiers, qui ont eu des biens connaissant une plus-value entre le moment de la donation et le décès, peuvent avoir à payer une indemnité aux autres héritiers si leur réserve a été amputée.

La donation-partage permet également de rééquilibrer les donations antérieures entre les héritiers et d’éviter les litiges ultérieurs.

Il est donc important de réfléchir avant de faire une donation-simple aux conséquences ultérieures pour éviter les litiges. Une donation-partage est une des solutions pour garder l’esprit tranquille. Prenez conseil auprès de votre notaire qui sera compétent pour rédiger l’acte de donation-partage et vous conseiller dans votre projet de donation-partage.

 

UN EXEMPLE POUR MIEUX COMPRENDRE

 

Mme MARTIN a donné en 1995, 50 000 € à son fils Charles qui a dépensé l’intégralité de cette somme en voyages et un studio d’une valeur de 50 000 € à sa fille Charlotte. Les biens étant réintégrés à la succession pour leur valeur au moment du décès, la fille risque de devoir donner une part de sa donation pour respecter la réserve de son frère si son studio a pris de la valeur (100 000 €).

Ainsi, Charles rapportera ses 50 000 € à la succession et Charlotte 100 000 €, soit 75 000 € chacun. Charlotte devra donc 25 000 € à Charles dans le cas d’une donation simple.

 

Si Mme MARTIN fait une donation-partage en réintégrant les anciennes donations afin de rééquilibrer l’ensemble, elle va limiter la pénalisation de l’enfant qui a mieux géré son patrimoine en figeant la valeur des donations au moment de la donation-partage.

Ainsi, Mme MARTIN pourra donner, en 2005, 25 000 € à son fils pour équilibrer les donations antérieures et l’on ne reviendra pas sur la valeur du studio de sa fille Charlotte à son décès si ce studio prenait encore de la valeur.

Cette méthode a pour avantage de remettre à plat la situation et de rétablir l’équité entre les enfants. Par ailleurs, les biens qui auraient déjà été déclarés au fisc n’ont plus à l’être au moment de la donation-partage. Rappelons que l’on peut bénéficier des abattements (de 50 000 € entre parent et enfants) tous les 6 ans (au lieu de 10 ans auparavant).


Rédacteur : Laetitia CALVO - Chambre d’Agriculture - Tél. 05 49 44 74 74

Permanence téléphonique : lundi - mardi -  vendredi de 9 H 00 à 12 H 00
Mél : laetitia.calvo@vienne.chambagri.fr


 

Dernière mise à jour : 25 juin 2007

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