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famille >15 décembre 2006
Droits de la famille
Transmission
: la protection du conjoint
De nombreux couples mariés souhaitent protéger leur conjoint au cas où ils
décèderaient. La formule la plus courante reste la donation au dernier vivant
mais il existe d’autres solutions telles que le régime matrimonial de la
communauté universelle, la donation-partage avec réserve d’usufruit au
profit de son conjoint, le testament ou l’assurance-vie. La réforme des
successions intervenue le 23 juin 2006 s’appliquera à compter du 1er
janvier 2007. Etudions les solutions pour protéger son conjoint avec cette
nouvelle loi.
LA DONATION AU DERNIER VIVANT
Même si le conjoint est
davantage protégé depuis une loi de 2001, la " donation au dernier
vivant " ou " donation entre époux " permet au
conjoint survivant de recevoir une part plus importante de la succession de son
époux décédé pour un coût abordable.
Ainsi, si l’on prend un couple
marié sans contrat de mariage donc sous le régime de la communauté légale de
biens, les biens communs sont composés des biens acquis pendant le mariage et
des revenus des époux. Chacun des époux reste propriétaire des biens acquis
avant le mariage et des biens reçus par héritage ou succession (biens
propres).
La succession va porter sur la
moitié des biens communs et sur la totalité des biens propres.
En présence d’enfants,
la donation au dernier vivant donne 3 possibilités à l’époux
survivant : recevoir l’usufruit de la succession, ou un quart de la
succession en propriété et trois quarts en usufruit, ou la quotité disponible
en pleine propriété. La quotité disponible est la part de succession dont le
défunt dispose librement. Elle varie en fonction du nombre d’enfants qui sont
des héritiers réservataires et qui ont donc droit à une " part
réservataire ". Ainsi la quotité disponible est de la moitié de la
succession s’il y a un enfant, 1/3 de la succession en présence de deux
enfants et 1/4 de la succession en présence de 3 enfants et plus.
La loi prévoit, qu’en
présence d’enfants, si les époux n’ont rien prévu, le conjoint survivant
a droit à l’usufruit de la totalité de la succession ou 1/4 en pleine
propriété s’ils n’ont pas eu d’enfants hors mariage. Si c’était le
cas, le conjoint survivant n’aurait le droit qu’à 1/4 de la succession en
pleine propriété. Il n’aurait donc pas la possibilité d’opter pour l’usufruit
de la succession et bénéficier ainsi des revenus (fermages) ou de la
jouissance des biens et compris dans la succession (continuer d’utiliser
librement la résidence secondaire ou les bâtiment d’exploitation par
exemple). La donation entre époux trouve ici tout son intérêt.
Les règles sont quelques peu
différentes en l’absence d’enfants. En effet, si le défunt à des
frères et sœurs, ces derniers ont droit à la moitié des biens de famille.
Une donation au dernier vivant
est donc intéressante dans ce cas là pour écarter les frères et sœurs du défunt
de la succession. Par contre à partir du 1er janvier 2007, les
parents du défunt ne sont plus des héritiers réservataires, il est donc
possible de les écarter par une donation entre époux afin que l’époux
survivant bénéficie de la totalité de la succession.
Il est enfin à noter que la
donation au dernier vivant peut être annulée par l’un ou l’autre conjoint
à tout moment sans avoir à avertir son conjoint. Elle est également
automatiquement annulée par le divorce.
La Réserve et la quotité disponible
La Réserve héréditaire est la
part dont l’héritier a droit et pour laquelle il ne peut être déshérité.
La quotité disponible est donc la part dont on peut disposer librement.
|
En présence de : |
La réserve est de |
La quotité disponible est de |
|
1 enfant |
1/2 de la succession |
1/2 de la succession |
|
2 enfants |
2/3 de la succession* |
1/3 de la succession |
|
3 enfants et + |
3/4 de la succession* |
1/4 de la succession |
* à partager entre les enfants
LA COMMUNAUTE UNIVERSELLE
La Communauté Universelle est un
régime matrimonial qui permet de mettre tout ou partie des biens personnels des
époux en communs. Les époux peuvent prévoir dans leur contrat de mariage que
le patrimoine commun est transmis au conjoint survivant en cas de décès d’un
époux par une clause d’attribution intégrale de la communauté au conjoint
survivant. Ainsi par ce régime, l’époux survivant devient propriétaire de
tous les biens sans payer de droits de succession. Par contre, il faut être
prudent avec ce régime matrimonial en présence d’enfants issus d’un
premier mariage qui pourraient faire opposition à la transmission du patrimoine
pour toucher leur part d’héritage. Par ailleurs, en présence d’enfants du
couple, ce régime peut les pénaliser car ils ne bénéficieront qu’une seule
fois des abattements (50 000 € par enfant et 50 000 € pour l’abattement
global à partager entre héritiers), lors du décès du second parent qui aura
à transmettre l’intégralité du patrimoine.
QUELQUES AMENAGEMENTS DU REGIME
DE LA COMMUNAUTE LEGALE
Si le couple n’a pas fait de contrat de mariage, les époux seront soumis au
régime de la communauté légale. Ils pourront cependant prévoir par clause de
mettre en commun tous leurs biens personnels.
Ainsi, chaque époux est propriétaire de la moitié des biens mis en commun. Il
est également prévu qu’en cas de divorce, cette clause devient nulle. Un
certain nombre de clause sont possibles afin de favoriser son conjoint. Votre
notaire sera à même de vous conseiller pour trouver la solution idéale à
votre situation personnelle.
LA DONATION AVEC RESERVE D’USUFRUIT
La donation avec réserve d’usufruit
consiste à transmettre à ses enfants la nu-propriété du bien tout en se
réservant l’usufruit. Cela permet d’anticiper la succession sans se
démunir puisque l’usufruitier conserve la possibilité d’utiliser le bien
ou de percevoir les revenus (fermages, loyers) de ce bien. La nu-propriété
devra attendre le décès de l’usufruitier pour devenir pleinement
propriétaire. L’avantage de cette donation permet de réduire les droits de
donation car la valeur du patrimoine transmis prend en compte la seule
nue-propriété qui est déterminée selon un barème en fonction de l’age de
l’usufruitier (*).
Il est par ailleurs possible de prévoir dans cette
donation, une clause de réversion d’usufruit. Ainsi, la réserve d’usufruit
du donateur sera transmise à son décès à son conjoint survivant. Par
contre, cette transmission sera taxée en fonction du barème des droits de
succession entre époux sur la valeur de l’usufruit transmis variable en
fonction de l’âge du bénéficiaire. (voir tableau)
Barème légal de l’usufruit :
|
Âge du conjoint
survivant |
Valeur de l’usufruit |
Valeur de la
nue-propriété |
|
Jusqu’à 20 ans |
90 % |
10 % |
|
21 à 30 ans |
80 % |
20 % |
|
31 à 40 ans |
70 % |
30 % |
|
41 à 50 ans |
60 % |
40 % |
|
51 à 60 ans |
50 % |
50 % |
|
61 à 70 ans |
40 % |
60 % |
|
71 à 80 ans |
30 % |
70 % |
|
81 à 90 ans |
20 % |
80 % |
|
91 ans et + |
10 % |
90 % |
Réductions de droits de
donation en fonction de l’âge du donateur
|
AGE DU DONATEUR |
Moins de 70 ans |
Entre 70 ans et 80 ans
|
Plus de 80 ans |
|
Réduction en cas de
donation de la pleine propriété ou de l’usufruit |
50 % |
30 % |
0 % |
|
Réduction en cas de
donation de la nue-propriété seule |
35 % |
10 % |
0 % |
L’ASSURANCE VIE
L’assurance-vie permet de transmettre un patrimoine important à un coût
fiscal moindre puisqu’en effet, les sommes versées par l’assureur ne font
pas partie du patrimoine du défunt. Le souscripteur ayant moins de 70 ans peut
transmettre jusqu’à 152 500 € à son conjoint sans payer de droits de
succession.
LE TESTAMENT
Le testament peut être aussi une solution adaptée aux couples remariés car il
peut permettre d’avantager son conjoint sans léser les enfants d’un premier
mariage. Il faut cependant veiller à ne pas dépasser la quotité disponible.
Le testament permet de transmettre tel ou tel bien au conjoint sans léser les
enfants souvent obliger d’attendre le décès du conjoint survivant pour avoir
leur héritage.
Dans tous les cas, il est important de se faire conseiller notamment par un
notaire afin de trouver l’outil idéal selon sa situation particulière.
En tant que propriétaire de
terres agricoles, vous venez sans doute de recevoir un dégrèvement de votre
taxe foncière sur les propriétés non bâties.
Ce dégrèvement a été versé
en vue de compenser les pertes subies par les exploitants agricoles au titre des
calamités agricoles. Ainsi, si vous avez loué ces terres agricoles, l’article
L.411.24 du Code Rural prévoit que le bailleur ayant obtenu un dégrèvement d’impôt
foncier devra en faire bénéficier son fermier. Si le paiement du fermage est
intervenu avant le dégrèvement, le propriétaire devra en ristourner le
montant au fermier. Si le paiement du fermage n’est pas encore intervenu, le
fermier déduira le dégrèvement de son fermage.
Rédacteur : Laetitia CALVO - Chambre d’Agriculture -
Tél. 05 49 44 74 74
Permanence
téléphonique : lundi - mardi - vendredi de 9 H 00 à 12 H
00
Mél : laetitia.calvo@vienne.chambagri.fr
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