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famille > 17 mars 2006
Droits de la famille
Transmission
: aider son enfant à s'installer
A l’heure actuelle, environ 1/3
des cessations d’activité sont suivies d’une installation. Et pour ces
installations, les 2/3 se font dans le cadre familial. Le pourcentage d’installations
hors cadre familial tend à augmenter, mais les candidats ne peuvent
bénéficier des mêmes avantages que les jeunes s’installant sur une
exploitation familiale. En effet, il existe un certain nombre de mesures
permettant de soulager la charge financière du jeune lors de son installation.
On peut citer à titre d’exemple, le prêt familial, le don manuel, le salaire
différé, ou l’installation en société.
LE PRET FAMILIAL
Il s’agit pour les parents de
prêter à un de leurs enfants une certaine somme, contre remboursement dans les
années à venir, pour compléter son apport. Ce prêt peut être pratiqué à
un taux plus favorable que celui qui pourrait être obtenu auprès d’une
banque, voire sans aucun intérêt.
Certaines conditions sont
toutefois nécessaires pour éviter que l’opération ne présente plus d’inconvénients
que d’avantages.
Tout d’abord, vous devez
formaliser le prêt dans un écrit. L’article 1341 du code civil prévoit qu’un
prêt excédant 800 € doit être constaté par écrit. En deçà, ce n’est
pas obligatoire, mais néanmoins vivement recommandé, car en cas de litige, l’écrit
reste le moyen le plus efficace pour prouver l’existence et le montant du
prêt. L’écrit offre, en outre, l’avantage de clarifier les choses
vis-à-vis des services fiscaux.
Cette reconnaissance de dettes
peut être établie directement entre l’enfant et ses parents (sous seing
privé), ou sous forme notariée (acte authentique), et devra être enregistrée
auprès des services fiscaux pour " avoir date certaine " (c’est-à-dire
pour que la date de conclusion soit attestée et non contestable). Le coût est
de 125 €.
Enfin, il est important que l’emprunt
soit réellement remboursé, dans les conditions prévues dans l’acte de
prêt. A défaut, le fisc ou les autres héritiers pourraient y voir une
donation déguisée, et exiger sa réintégration dans l’actif successoral, ou
le taxer au titre d’une donation.
LE DON MANUEL
Le don manuel consiste à donner
un bien meuble de son vivant. Il est possible d’y procéder sans passer par un
notaire, la donation se faisant de la main à la main. Cependant, il reste
soumis aux droits de mutation lorsque celui-ci est déclaré aux impôts. Il
peut être déclaré au moment de la donation ou bien ultérieurement lors du
décès. Mais il vaut mieux le déclarer le plus tôt possible afin de
bénéficier des abattements tous les 6 ans.
Pour déclarer un don
manuel, il suffit de déposer aux impôts du domicile du donataire (celui qui
reçoit) le formulaire n° 2735 en double exemplaire. Ce formulaire permet d’indiquer
les parties concernées (donateur et donataire) et les éléments constituant le
don manuel. Vous trouverez ce formulaire sur le site www.lesformulaires.cerfa.gouv.fr.
LE SALAIRE DIFFERE
Le salaire différé a été crée en 1939 afin
de rétribuer la participation gratuite des descendants et de leurs conjoints à
la mise en valeur de l’exploitation parentale.
CONDITIONS
Les descendants (enfants, petits
enfants), les conjoints de ces descendants (gendre, bru, époux des petits
enfants), dans la mesure où ils participent aux travaux de l’exploitation,
peuvent bénéficier de cette créance de salaire différé. Des conditions sont
cependant nécessaires :
- Avoir participé directement et effectivement
aux travaux de l’exploitation :
- Pas obligatoirement à temps complet
- Travail effectif et permanent (participation
réelle aux tâches agricoles et pas de façon occasionnelle)
- Ne pas être immatriculé en qualité de
salarié aux assurances sociales agricoles.
- Ne pas avoir été associé aux pertes et
bénéfices de l’exploitation.
- Ne pas avoir eu de salaire en argent (en
dehors de l’argent de poche).
- La charge de la preuve du respect de ces
conditions incombe au demandeur du salaire différé (témoignages,
attestations MSA, déclaration en mairie…). A cet effet, le futur
bénéficiaire du salaire différé peut effectuer chaque année une
déclaration à la mairie qui servira de preuve.
PAIEMENT
Le paiement du salaire différé
peut se faire du vivant de l’exploitant (lors d’une donation partage ou
autre occasion), ou après le décès de celui-ci (règlement de la succession).
Le bénéficiaire du salaire différé ne peut pas renoncer du vivant de
l'exploitant à ses droits.
La créance de salaire différé
est plafonnée au montant de l’actif de la succession (les autres héritiers n’ont
pas à débourser de soulte sur leurs propres deniers).
CALCUL DU SALAIRE DIFFERE
Le salaire différé est égal à
2/3 de 2 080 fois le SMIC horaire en vigueur soit au jour du partage, soit au
plus tard, à la date de règlement de la créance, si ce règlement intervient
du vivant de l’exploitant.
Il sera versé en fonction du
nombre d’années de participation du descendant mais sera plafonné à 10 ans
et ne seront pris en compte que les années travaillées à partir de l’âge
de 18 ans. Il est à noter que la loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006
a limité la durée de statut d’aide familial à 5 ans ce qui limitera à l’avenir
le montant de la créance de salaire différé.
Exemple :
- Pour une année de travail au 1er juillet
2005, le SMIC horaire étant de 8,03 € :
2/3 x (2080 x 8,03 €) = 11 134.93 € (soit 73 040.37
F)
- Pour 10 ans (maximum) :
11 134.93 € x 10 = 111 349.30 € (soit 730 403.70 F)
ASPECTS FISCAUX
Le salaire différé bénéficie
de certains avantages fiscaux puisque, du vivant de l’exploitant, le donateur
peut déduire le salaire différé de son bénéfice imposable sauf s’il est
au forfait.
Au décès de l’exploitant, le
bénéficiaire du salaire différé bénéficie d’une exonération de l'impôt
sur le revenu et ne sera pas soumis aux droits d'enregistrement mais une taxe de
publicité foncière sera due en cas d'attribution d'un immeuble au taux de 0,60
%.
LA TRANSMISSION EN SOCIETE
La forme la plus courante de
transmission sous forme sociétaire est la constitution d’un GAEC père-fils
pendant 5-10 ans, jusqu’au départ à la retraite du père. Mais on peut
également voir des parents détenant une EARL qui est transmise intégralement
à un de leurs enfants. L’intérêt premier de cette forme de transmission est
la possibilité de transmettre progressivement.
En effet, alors que de plus en
plus d’exploitations présentent un capital social d’au moins
200 000 €, il est difficile, voire impossible, pour un jeune, de
disposer de cette somme dès son installation. Dans ce cas-là, s’il s’installe
en société, il pourra plus facilement prétendre à un premier prêt de 100
000 €, puis un second quelques années plus tard, pour acheter les parts
restantes.
L’autre intérêt de la
transmission de parts sociales est d’ordre fiscal. Ainsi, en cas de donation
ou d’héritage, seul le quart de la valeur des parts de société sera retenue
pour le calcul des droits de mutation. Egalement, les droits d’enregistrement
pour les cessions de parts sociales sont généralement moins importants que
pour des biens inscrits au bilan d’une exploitation individuelle.
Il s’agit là de quelques
pratiques permettant de faciliter une installation. Toutefois, il est important
d’en discuter au préalable avec tous vos enfants. Car ces pratiques peuvent
être considérées par certains comme favorisant davantage l’enfant qui s’installe.
Il faut donc veiller à l’intérêt de chacun des enfants, et pas seulement à
celui du jeune qui reprend l’exploitation, pour préserver l’entente
familiale.
Contacts :
- Laetitia CALVO
,
Juriste à la Chambre d’Agriculture de la Vienne – Tél. 05.49.44.74.74 -
Permanences téléphoniques : lundi, mardi et vendredi de 9 h à 12 h
- Elodie CONGRETEL
,
Conseillère d’entreprise à la Chambre d’Agriculture de la Vienne
(Antenne de Bonneuil-Matours) – Tél. 05.49.85.87.83
- Nadège TUJAGUE
,
Conseillère d’entreprise à la Chambre d’Agriculture de la Vienne
(Antenne de Vivonne) – Tél. 05.49.36.33.63
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